le label beneath
Un cahier des charges,
pas un autocollant
Cinq exigences, écrites et chiffrées. Quatre se vérifient sur le terrain, la cinquième se juge au verre — par une assemblée de professionnels, pas par un formulaire.

le cahier des charges
Les cinq exigences
Elles s'apprécient cuvée par cuvée, pas domaine par domaine : c'est un vin précis qui est labellisé, avec son millésime et son contenant.
01 — critère
Un domaine à taille raisonnée
- Surface maximale : 40 ha dans le Bordelais, 30 ha en Bourgogne et vallée du Rhône, 25 ha dans les autres régions
- Rendement maximal : 45 hl/ha
Au-delà, on ne parle plus tout à fait du même métier. La contrainte de surface et de rendement, c'est ce qui laisse au vigneron le temps de passer dans ses rangs — et ça finit toujours par se retrouver dans le verre.
02 — critère
Une culture au moins biologique
- Aucun pesticide, fongicide, désherbant ni produit chimique de synthèse dans la vigne
- Cuivre limité à 3,5 kg/ha/an, en moyenne sur sept ans
« Au moins bio » veut dire que le bio est le plancher, pas l'argument. Et la moyenne sur sept ans reconnaît qu'une année de mildiou n'est pas une faute : c'est la tenue dans la durée qu'on regarde, pas un millésime difficile.
03 — critère
Une conscience environnementale
- Au moins un engagement : agroforesterie (arbres, mares…), biodiversité de la vigne (perchoirs, couverts végétaux, ruches…) ou une pratique équivalente
Ne pas traiter, c'est déjà beaucoup. Mais on demande aussi un geste actif en faveur du vivant autour de la vigne — pas seulement l'absence de ce qui le tue.
04 — critère
Une vinification sans artifice
- Pas de négoce : le raisin vient du domaine
- Sulfitage limité à 90 mg/L
- Aucun intrant chimique
- Bouchage liège ou capsule à vis
- Conservation sous 18 °C
Ce qui se joue en cave décide autant que ce qui se joue à la vigne. Et la conservation en fait partie : une bouteille irréprochable mal gardée n'arrive pas irréprochable.
05 — critère
Un goût validé par l'assemblée
- Aucun défaut apparent : pas de déséquilibre trop marqué (acidité, alcool, tanins), pas de caractère vinaigré ou brûlant, pas de goût de bouchon, pas de réduction persistante après quinze minutes de carafage
- Un vin trouble n'est pas un défaut
C'est le seul critère qu'aucun document ne peut trancher seul. Une assemblée de professionnels goûte, et décide. Un label qui ne goûterait pas ne serait qu'une déclaration d'intention.
l'assemblée
Ce sont des gens qui goûtent
L'assemblée réunit des restaurateurs, des sommeliers, des conseillers, des vignerons et des experts du vin — et des amateurs, sur sélection. Elle se réunit chaque trimestre ou chaque semestre.
C'est elle qui statue sur les labellisations, qui contrôle le respect du cahier des charges dans la durée, et qui attribue les distinctions. Elle décide souverainement : un refus n'a pas à être motivé, et une cuvée refusée peut se représenter à une session suivante.

le chemin d'une cuvée
Comment une cuvée est labellisée
- 01La candidatureLe vigneron présente les cuvées qu'il propose au label.
- 02La visiteBeneath — ou son représentant — vient voir le domaine, les parcelles, la cave.
- 03La dégustationL'assemblée goûte les cuvées proposées, à l'aveugle du reste.
- 04La décisionL'assemblée valide, ou non. Beneath notifie le vigneron.
et après
Le label n'est pas acquis une fois pour toutes. Le vigneron s'engage à respecter le cahier des charges en permanence, des visites de contrôle et des dégustations de vérification peuvent avoir lieu, et toute évolution des pratiques doit être déclarée. En cas de non-conformité constatée — après échange contradictoire — le label peut être retiré à la cuvée.
au-delà du label
Quand l'assemblée est touchée
Le label dit qu'une cuvée est conforme. Les distinctions disent qu'elle a fait quelque chose de plus — elles sont honorifiques, révocables, et n'ouvrent droit à aucune contrepartie.
Excellence
Hors Pair
Coup de Cœur du Jury
où en est le label
Là où on en est vraiment
Le label est jeune, et on préfère le dire. Aujourd'hui, être labellisé n'est pas encore une condition pour entrer dans le réseau : il circule des cuvées labellisées et des cuvées sélectionnées, choisies avec la même exigence mais qui n'ont pas encore été présentées à l'assemblée.
C'est écrit tel quel dans les contrats, et c'est appelé à changer : le jour où le réseau sera assez large, le label deviendra la condition d'accès — avec six mois de préavis à tous les domaines partenaires, pour que chacun ait le temps d'engager la démarche.
Une cuvée labellisée est une cuvée qu'une assemblée a goûtée et validée — pas une cuvée qui a rempli un dossier.
ce que le label change
Concrètement, pour chacun
Un cahier des charges ne sert à rien s'il ne produit pas de conséquence concrète pour les trois métiers.
Pour le vigneron
Pour le conseiller
Pour le restaurateur
Ton domaine coche ces cases ?
Alors il a probablement sa place. La suite, c'est une conversation, une visite et une dégustation — pas un dossier.